Le blog change !

J’installe dorénavant une redirection de ce site vers mon nouveau blog : solomai.com. Si toutefois vous arrivez ici, d’une part contactez-moi pour me dire comment vous avez fait, et d’autre part vous retrouverez tous les articles (les nouveaux donc) de manière plus simple.

Merci de m’avoir suivi jusque ici !

Publicités

Le dernier pour la route !

Si vous voulez lire à partir du début, cliquez ici !

Un an.

Un an jour pour jour, j’étais dans cet avion, le cœur emporté par cette soif d’aventure, de nouveau; absolument incroyable, débordante, enivrante, qui hantait mes rêves depuis des années. Cette soif d’ailleurs. Cette soif de différence.

Un an depuis le début de ce voyage, qui, pour six mois au moins, m’a appris, fait connaître, fait comprendre plus de choses que n’importe quoi auparavant.

Comment décrire cette année ? Comment pourrais-je mettre des mots sur une chose si incroyable ? Le dois-je ? Je ne sais pas. Ce n’est de toutes façons pas clair même pour moi, et je doute qu’il soit possible de décrire avec des mots cette sensation…

Alors que je ne cherchais qu’à changer de mode de vie pour un temps et découvrir une autre partie du monde, je me suis trouvé, moi. Et c’est sûrement une des meilleures choses qui me soient arrivées. C’est ça qu’apporte un tel voyage : une vision différente des choses, du monde.

Et comme tout doit avoir une fin, aujourd’hui, et un an après le début de cette magnifique aventure, je mets un point final à ce blog. Mais je ne pourrais pas le faire sans citer quelques personnes sans qui rien n’aurait été pareil :

Premièrement, le site PVTistes.net et sa communauté, et en particulier Cédric alias Quertu; sans qui rien n’aurait été possible. Grâce à eux j’ai découvert le principe du PVT, grâce à eux j’ai pu tout organiser du voyage aux assurances, sans oublier leurs quelques conseils pour les jobs ou les lieux à voir absolument, ou voir parce qu’il faut y être.

Ensuite, tous mes amis de route, Janick, Hiroto, et la multitude d’autres sans qui, bien évidemment, ce voyage n’aurait pas eu la même saveur, sur la route comme au boulot, ou pendant les moments de doute, et sans qui je n’aurais pas ces souvenirs magnifiques de tant de randonnées.

Je tiens à remercier aussi mes amis et ma famille, pour leur soutien dans mon projet, et leur intérêt dans ma quête jour après jour. Et bien sûr, plus que n’importe qui, mes parents qui m’ont laissé partir et m’ont donné les moyens de vivre mon rêve ! Z’êtes géniaux !

Et enfin, je vous remercie tous, vous, lecteurs de passage ou intéressés de toujours, qui m’avez donné l’envie d’écrire chaque jour, et sans qui ce blog ne serait pas ce qu’il est. Vous êtes aujourd’hui plus de 6,000 à être venus lire mes aventures, et je vous suis infiniment reconnaissant d’avoir donné un sens à mes écrits !

En mot de fin, je donnerai un conseil à tous ceux qui viennent ici en quête d’inspiration pour un long voyage, quelle que soit sa destination, quelle que soit sa durée, quel que soit votre âge : n’hésitez pas, jamais. C’est une expérience à vivre un jour, et uniquement des bonnes choses peuvent en découler. La sensation de liberté totale, la vie au jour le jour, c’est quelque chose d’incroyable, quelque chose que n’importe qui devrait ressentir au moins une fois dans sa vie. C’est la plus belle école du monde. La seule mauvaise chose qui pourrait en découler serait d’attraper le virus du voyage.

Hélas pour moi, j’ai été piqué.

Image

Ce n’est pas la fin.

Ultime étape – Épisode 4

Comme tout a une fin, il me fallait quitter ce merveilleux endroit que le Cap Reinga.

Et, heureusement, nombre de personnes viennent admirer cette incroyable création de la nature au matin, ce qui m’a permis de rapidement trouver quelqu’un pour m’amener tout en bas de la péninsule, un homme un peu hippie venant du Canada pour sa quête spirituelle.

Bifurquant à gauche, je devais continuer par mes propres moyens, ce qui ne s’est pas avéré si difficile que ça. Un type plutôt sympa s’est fait un devoir de m’amener à ma destination, à quelques 20km plus au Sud que la sienne, en prenant le temps de me montrer des lieux incontournables, que j’aurais sûrement ratés autrement.

Et en effet, il est toujours amusant de voir la plus vieille maison du pays, à Kerikeri, datant de quelques 200 ans environ, et par conséquent étant sûrement plus récente que celle où je vis.

Puis, arrivée à Pahia, et la Bay of Islands. La Queenstown du Northland, avec sa proportion de magasins de souvenirs et d’activité presque trop élevés. Mais enfin bon, c’est assez joli, il faut le dire.

Après avoir chaleureusement remercié le conducteur, qui m’avait déposé dans mon auberge de jeunesse presque trop propre, je regarde ce qu’il y a à faire dans la région. Une fois n’est pas coutume, on a le droit de payer, et on me déconseille de marcher vers les chutes d’eau du coin, pourtant réputées dans la région. Et en effet, on lit sur le Lonely Planet que ces chutes sont le « Paris Hilton des chutes d’eau : pas très jolies ni utiles, mais énormément prises en photo ». Intéressant !

Ne reste dans la région que Russel, petite ville accessible par ferry, de l’autre côté de la baie. Le jour où j’ai finalement décidé d’y aller sera le Anzac day, commémoration des soldats Australiens et Néo-Zélandais morts pendant les deux guerres mondiales.

A peine ai-je posé le pied hors du ferry qu’une longue procession menée par quelques musiciens lançant une mélodie aux sonorité irlandaises passe devant moi. Intriguant. Je les suit.

Un 11 novembre de l’hémisphère Sud, peut-être en plus solennel.

CIMG4261

Ça en fait des drapeaux…

Et c’est ainsi que je visite le centre-ville en compagnie d’une centaine d’autres personnes, s’arrêtant devant les lieux de commémoration importants. Puis, une heure plus tard, le groupe se disloque, l’évènement prend fin.

Je quitte alors le centre-ville pour me balader un peu. C’est alors que je vois la plage, vers l’entrée de la baie. Pas de chemin, donc personne.

Et en effet, ce n’est pas la plage la plus simple à parcourir, couverte de gros blocs de roches érodés où s’accrochent des jeunes huîtres par milliers. Sautant de bloc en bloc, je regarde le paysage qui se dessine devant et derrière moi. Et ce n’est pas sans me rappeler l’Abel Tasman, en moins touffu, plus rocailleux, et un peu plus terne.

CIMG4313

Et pourtant elle est froide...

Et pourtant elle est froide…

Et je continue mon chemin, slalomant entre les rochers hérissés de pointes, jusqu’à atteindre une magnifique plage, ne laissant d’ailleurs pas aller plus loin. Je m’y poses deux minutes, et la réalité me prend directement aux tripes : cet endroit est le dernier de Nouvelle-Zélande que j’explore. Mélange de sentiments indescriptible, excitation, tristesse, peur, et joie au même moment. Un mix désagréable qui m’aura d’ailleurs suivi depuis ce moment jusqu’à Singapour.

Autant avant de partir, je ne me sentais pas si concerné que ça, autant maintenant, je suis déchiré entre la joie de tout retrouver, et la peur de tout perdre, surtout ce mode de vie que j’aime tant, et la sensation de liberté totale qu’on en tire.

C’est avec ces pensées me suivant que je reviens vers la mer et mon auberge de jeunesse.

Le lendemain, ne trouvant pas de spot potable pour repartir vers la capitale, je dois marcher, moi et mes sacs à dos, pendant une petite heure, jusqu’à trouver un point sympa. Et il s’avéra que ce point était mon tout dernier spot de hitchhike en NZ.

CIMG4403

Si c’est le dernier, autant qu’il soit joli.

Un couple s’arrête, me proposant un ride direct vers Auckland. Étonné, je monte dans la voiture, et on commence à me parler en français. Mince, mon accent est si repérable que ça ??

Après une petite discussion, j’apprends que la femme est originaire du Sud de la France et immigrée depuis une dizaine d’années au pays des kiwis, et son mari est autochtone, mais parle lui aussi relativement bien français.

Puis, arrivée à Auckland, et retour dans mon premier backpacker, l’Oaklands lodge. Des têtes connues reviennent de partout. Visiblement, les gens aiment rester dans cet endroit. Retour au downtown, sur la Queen Street, et dans les environs. De vieux souvenirs reviennent, tous bons. En parlant de bon, c’est d’ailleurs au dernier moment possible que je choisis de tester la chaîne de fast-food de Nouvelle-Zélande, le Burger Fuel. Pas donné, certes, mais… Gigantesque, et efficace. Il en faudrait définitivement plus, des fast-food comme ça…!

Et le dernier soir vient. Avec une française fraîchement arrivée, nous décidons de monter en haut du Mont Eden, et admirer la vue pendant la nuit. D’autres souvenirs qui reviennent. Sauf que dans mes souvenirs, j’étais seul en haut, et le parking n’était pas plein. Enfin…

C’est d’ici que je peux une dernière fois observer la ville où tout à commencé, et où tout se terminait. Dans ce lieu qui m’est finalement cher, pour de nombreuses raisons. Et puis, le soir tombe, il faut redescendre.

Et partir.

Au matin, je prends l’avion, direction Singapour, pour une semaine environ.

CIMG4461

Ma dernière vue sur Auckland…

Farewell, New Zealand.

Ce jour où j’ai touché le Nord… – Épisode 3

Ahipara, un petit paradis au coin d’une plage, ne m’aura accueillie que peu de temps, puisque mon but direct, le dernier magnifique endroit que je comptais voir (ou l’avant dernier selon les goûts) n’était autre que le Cap Reinga, pas vraiment la pointe Nord, mais pas loin, considérée par les Maoris comme le lieu où l’âme d’une personne venant de mourir s’en va vers l’Au-delà.

Et par les touristes comme un lieu d’exception. Bon.

Je commence ma route, confiant, trouve un lift, puis deux, trois, quatre… Pour un total de quelques 50km. Plus que 60 ou 70 km restants. Sûrement pas la meilleure journée pour le stop, vu les trombes d’eau s’étant abattues sur la région juste avant. C’est vers 18h qu’un gars très sympa m’emmène directement sur place, qui n’était pourtant pas sa destination. Et c’était aussi ma dernière chance d’atteindre l’endroit.

Il me laisse sur le parking. Quelques secondes passent, et d’un coup la réalité me frappe violemment : mais qu’est-ce que je fous là, et comment je sors de là ? Plus une voiture sur le parking, et camping alentour interdit.

Je tourne en rond, avec mes deux sacs, réfléchissant à une solution. Qui ne vient pas. Et en plus j’ai paumé ma gourde en chemin. Ô joie.

Et d’un coup, venant d’on ne sait où, un gars d’à peu près mon âge surgit près du panneau d’information. Lui était en train de faire le Coastal Track, une marche de quelques jours sur l’extrémité Nord de l’île. Et il s’est avéré que, contrairement à ce que je pensais, le camping était autorisé à quelques 500 mètres de toute route.

Et c’est ainsi que, 500 mètres plus bas, sur le chemin, nous nous installions très peu confortablement, il faut le dire, pour passer une nuit dans ce qui est pour moi l’endroit le plus dingue qu’il soit.

Image

Pas d’arbres, on fait avec.

Puis on attend, silencieux, regardant l’incroyable spectacle se mettant en place devant nous. Des nuages relativement petits déversant des trombes d’eau sur la mer (et sur nous) se déplacent rapidement tandis que derrière, le soleil se couche dans un magnifique flamboiement.

Image

On a trouvé pire, comme vue.

Image

Vraiment pire.

La nuit tombant, je sors mon petit réchaud, et fait cuire quelques noodles pour mon compagnon et moi, et puis tiens, pourquoi pas les crackers avec le beurre, tant que je les ai sur moi, ce qui fut apparemment génial pour Marco (c’est son nom, et je vous laisse deviner sa nationalité. Indice : ce n’est ni du Sud de l’Europe, ni d’Amérique.), qui ne mangeait que des toasts avec du beurre de cacahuète et quelques concombres en conserve depuis deux jours. Pas simple le camping sauvage, pas simple !

Alors que la nuit nous encerclait, et seule la lune projetait les ombres indéfinies des collines et plantes alentours sur le sol, un petit bruit attira notre attention. Un opossum visiblement intéressé par notre campement quelque peu étrange vint nous rendre visite. Je sais que certains, depuis l’article de ma première nuit, voulaient absolument une photo d’opossum, mais c’était sans compter le fait que ça court vite, ces bestioles…!

Et, au dodo.

Mauvaise nuit, voir très mauvaise : je ne pensais pas que la pente sur laquelle j’avais fixée mon hamac, et placé mon matelas en-dessous, serait suffisante pour me faire glisser. Et ainsi, j’ai passé toute ma nuit à essayer de trouver une position dans laquelle je pouvais dormir sans me réveiller un mètre plus bas, chose qui s’est avérée plutôt difficile.

Au réveil, alors que le ciel n’était pas encore teinté des premières lueurs de l’aube, nous décidâmes de descendre près du phare, point le plus avancé du Cap, pour admirer le lever de l’astre solaire. Une poignée de jeunes asiatiques étaient déjà sur place, avec visiblement le même projet que nous.

Après un quart d’heure d’attente, environ, le soleil daigna enfin pointer ses premiers rayons, derrière quelques bas nuages, créant encore une fois des reflets absolument magnifiques sur toute la région.

CIMG4170

Rien que ça valait le coup de monter au Cap.

CIMG4181

Où suis-je ?

Puis, le spectacle terminé, nous prenons un rapide petit déjeuner, et remontons tout en haut, vers le parking.

Et c’est à cet endroit exactement qu’une des choses les plus incroyables que je n’avais jamais vu s’est produite devant mes yeux. Je suis resté planté là, regardant cette vue incroyable, et tellement bizarre, pendant quelques minutes, avant qu’elle ne s’évanouisse d’elle-même.

CIMG4201

Joli, hein ?

Après avoir remballé tout le matériel de camping, et dit au revoir et merci à ce compagnon de passage, je retournais sur le parking, la tête encore paumée dans les souvenirs, et, quelques temps plus tard, un homme quelque peut étrange m’offrait un ride jusqu’en bas de la péninsule.

Dernière destination : Pahiha et la Bay of Islands !

Encore plus au Nord – Épisode 2

Tiens, d’abord, pourquoi appeler épisodes cette série d’articles traitant du Northland ? Ma réponse est tout simplement que c’est la première fois que j’ai réellement un temps imparti pour explorer un endroit. Et rester coincé à Mangawhai n’était pas forcément pour arranger les choses.

Retour à l’intéressant.

De Rawene, direction le ferry, qui m’emmène de l’autre côté pour la modique somme de $2. On sent qu’on est loin, trèèès loin d’un lieu vraiment touristique…

Bon, à ce qu’il paraît, c’est pas la joie de l’autre côté, niveau activité. C’est avec soulagement que j’entends un gars me proposer un ride, histoire de m’avancer. J’aurais pu continuer avec lui vers la State Highway 1, mais j’avais envie de voir du pays et rester loin du « grand » axe. C’est donc dans un énième milieu de nulle part (et quel milieu de nulle part !) que j’attends, tranquillement, avec mon harmonica, LA voiture. Personne, du moins, pas vers moi. Mes chances reposent sur l’arrivée du ferry, c’est à dire une fois par heure environ. 5 voitures, une fois par heure. Dont 4 prendront la direction de l’axe principal. Comme milieu de nulle part, celui-là est assez gratiné.

Puis, au bout d’un temps que je ne compte plus, par peur d’être démoralisé, un gars en pick-up m’offre un ride vers un peu plus loin, sans pour autant me sortir de là.

Image

Des fermes et de l’herbe, et des vaches. Me rappelle quelque chose…

Et c’est là en plein soleil qu’une fois de plus j’attends, et attends, et attends, et regarde tous ces gens aller dans l’autre sens en me faisant des sourire d’encouragement. Mouais… Pendant ce temps, je continue à essayer de photographier cet étrange nid d’araignées. Tellement absorbé par mon activité, je laisse passer une voiture sans même y penser. Une chose à la fois…

Puis quelqu’un s’arrête enfin, et m’emmène jusqu’à Ahipara. Ça m’aura au final pris environ 4 heures, un score plutôt honorable.

Direction cette auberge de jeunesse dont on m’avait vanté les mérites quelques fois, l' »Endless Summer Lodge », ou l' »été sans fin ». Sceptique, on a le droit de l’être. Du moins, les premières minutes. On comprend vite le nom. Au pied de la plage, disposant de nombreux jeux en tous genre, de location de planches de surf, et d’une ambiance archi détendue, ce backpacker est VRAIMENT un endroit que l’automne n’inquiète même pas.

Image

Des vacances ? Non, jamais…

Puis tiens, tant que j’y suis, pourquoi ne pas prendre aussi des leçons de surf ? Une suffit, en fait.

Sur le papier, rien de compliqué, juste une séquence de mouvements à exécuter dans un certain ordre, et on est partis.

En pratique, mes bras n’ont pas vraiment apprécié la chose, ce qui a rendu la leçon vraiment frustrante : voir tous les autres gars de la leçon y arriver quand toute mon énergie avait disparue on ne sait où, m’empêchant ainsi de me lever, ça n’est pas forcément génial. Et bonjour les douleurs dans les deux jours qui ont suivi. Bref…

Après ces deux jours de détente absolue (et, il faut l’avouer, ces gens qui m’offraient de la nourriture parce que « manger que des pâtes ça le fait pas », c’était assez… Étrange. Amusant d’un côté, mais se faire prendre en pitié parce qu’on aime les pâtes c’est parfois difficile. Bah quoi, c’est bon, les pâtes.), il fallait repartir. Encore vers le Nord. Beaucoup plus au Nord. Tellement au Nord, que pour aller plus haut, il faut sortir du pays. Le cap Reinga.

Vers le Nord ! – Épisode 1

Finie, l’île du Sud, finie.

C’était en arrivant à Wellington que j’avais entendu parler de ce petit bout de pays casé tout au Nord, au-dessus de la ville d’Auckland, et nommé avec originalité le Northland. Étant arrivé tout au Sud de l’île du Nord, c’était avec étonnement que j’avais songé : « mince, je crois avoir loupé quelque chose ». Et c’est aussi à ce moment que je m’étais dit que, quoi que je fasse, mon voyage se terminerait dans cette région.

Après les joies des récoltes à Blenheim, puis la déception de Kaikoura sous la pluie, c’est à Christchurch que mon aller sans retour vers Auckland m’attendait.

Retour dans la ville où tout a commencé, dans le quartier où tout a commencé, et… Non, le backpacker où tout a commencé était complet. Mince.

Deux jours du côté de Mont Eden, essayant de planifier la façon dont j’allais bouger pour pouvoir attraper mon vol de retour, et puis départ vers le Nord.

Sauf que je n’avais pas pensé à une seule chose : comment diable sortir d’une ville aussi gigantesque qu’Auckland en stop ? Mes deux sacs sur le dos, je commençais à desespérerquand une sympathique dame est venue vers moi et à tout fait pour me sortir de là, téléphonant à la compagnie des bus pour trouver quel bus à quel arrêt et à quel moment pouvait me sortir de là. C’est amusant de penser que sans elle, je serais sans doute encore en train de chercher un moyen pour sortir de là : les arrêts de bus et leurs destinations ne sont pas très explicites.

Puis, on the road again. C’est en très peu de temps que les gens s’arrêtent, et sont en général bien plus sympathiques par ici que dans le Sud… Ce n’est pas courant que je me fasse offrir une bière, en faisant du stop.

Première destination : Mangawhai. Ou Magical Mangawhai, comme le stipule le panneau sur la route. « Touristic crap », selon le gars qui m’avait pris en stop. On ne peut pas lui donner tort, je vois assez mal n’importe quelle ville de France se voir rajouter « Magique » ou « Incroyable » devant son nom.

Image

Tu veux quelques coquillages ?

Et puis, le début de l’hiver qui se fait sentir. Non pas le froid, on ne descend que rarement en-dessous de 20° même dans les mois les plus froids ici, mais la pluie fait son apparition. Une pluie que je qualifierais de Normande, un crachin ne s’arrêtant presque jamais, et faisant monter en flèche l’humidité de l’air.

Un jour, deux jours, puis trois, sans ne pouvoir faire grand chose. Bloqué par la pluie, dans un backpacker un poil trop calme.

Au quatrième matin, plus le choix : plus beaucoup de temps restant, trop de choses restant à voir. C’est avec un plaisir non caché que je m’enfuis de Mangawhai sous une bruine sans fin. Encore au Nord, plus au Nord. Whangarei, la « capitale », ou la plus grande ville de cette région. L’endroit où le plus de Maoris vivent, et aussi l’endroit où la pauvreté et la criminalité sont au plus haut. Mais tout est relatif, étant donné que la criminalité dans le reste de la Nouvelle-Zélande reste très, très basse.

Puis, de Whangarei, direction… Le Nord. Une vieille dame me prend en stop, puis, arrivé à un croisement, me dit : « Là où tu veux aller, c’est par ici, moi je vais de l’autre côté. Mais je te préviens, de mon côté c’est bien plus sympa, et je peux t’héberger ». Ah. Réflexion intense. Je comptais revenir par là, mais… Finalement… Ce sera peut-être plus simple. Et c’est après m’avoir offert un repas dans un café local que cette sympathique dame m’emporte vers la « baie » de Hokianga, et la petite ville d’Opononi. La meilleure ville de Nouvelle-Zélande, selon les locaux. Et dans un sens, ils n’ont pas tort : outre les vues magnifiques sur Hokianga, la région à un je-ne-sais-quoi d’incroyablement calme, relaxant. L’air est chaud sans être étouffant, le calme règne en maître. Un endroit où il fait bon rester sans se prendre la tête, où profiter de la vie est l’important, où tout le monde connait tout le monde… Un petit monde à part, loin de tout.

Image

Hokianga, une avancée de mer dans la terre.

C’est dans cette atmosphère que je passe une soirée agréable, ponctuée de quelques bières et d’un fish & chips, pour continuer à manger équilibré, et qu’au matin, cette vieille dame m’amène jusqu’au ferry de Rawene, traversant Hokianga avec pour but de ma journée Ahipara et la porte de la Ninety Miles Beach.

Semaine juteuse à Blenheim

« Quoi ? Encore ? Mais il avait pas dit qu’il ne voulait plus en entendre parler ?? »

En effet, j’avais dit ça, je l’avais pensé de toutes mes forces, toute mon âme sûrement, tellement l’expérience à Cromwell avait été décevante.

Mais quand l’argent vient à manquer, ça reste quand même une solution bien utile. Je parle bien sûr du fruit picking, des vendanges à Blenheim.

Dans ma retraite de Picton où, une fois de plus, j’appréciais le goût de cette petite ville simple et sans prétentions ni artifices, je faisais mes calculs. Et aucun ne collait, ou alors je risquais de me retrouver pendant une semaine à Singapour avec un peu moins de 200$. Ce qui n’aide pas.

Automne oblige, il est de notoriété nationale qu’en ce moment les vendanges battent leur plein autour de la ville de Blenheim.

M’étant décidé, je tends le pouce à la sortie de ma ville favorite, et trouve un ride vers Blenheim en 20 secondes. On dira ce qu’on voudra, mais cet endroit pour le stop est magnifique ! On traverse les montagnes marquant la fin des Marlborough Sound, et peu à peu des vignobles de toutes tailles tâchent le paysage, de plus en plus nombreux et de plus en plus grands. Bienvenue au pays du vin.

La ville de Blenheim reste quand à elle très « normale » : un centre ville truffé d’échoppes, entouré par quelques zones commerciales et résidentielles. Rien de vraiment marquant.

J’arrive à mon backpacker, The Grapevine, et prend de justesse le dernier lit en dortoir.

Image

Le dernier et le meilleur.

Puis, pensant au meilleur moyen de trouver un job, je m’installe sur mon lit, et commence à  regarder quelque film. Deux heures plus tard environ, je suis interrompu par la gérante de l’auberge, qui me demande si je cherchais pas un job. Je réponds que si, on me donne un contrat, que je remplis sans lire les petites lignes.

Je commence le lendemain. Allons bon, ça me rappelle quelque chose.

A 7 heures, un van vient me chercher, et nous allons sur notre premier lieu de travail. Sur une route de terre, deux ou trois vans et toute autant de voitures se suivent. On arrive près du vignoble, des deux autres vans descendent une quinzaine d’autres pickers s’avérant être de Vanuatu.

On nous briefe rapidement sur les raisins qu’il faut prendre ou pas, sur la façon de s’y prendre, et on est partis. Et rangement, je ne me sentais pas du tout comme à Cromwell, et ce sentiment s’est confirmé les jours suivants : j’étais tombé sur LA compagnie qui me convenait.

Ici, plus de supervisor qui nous crie qu’on est trop lents tout le temps, pas de recherche dans nos raisins pour nous faire voir qu’on ne fait pas le job assez bien. Pas d’épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. Non.

Simplement, une ambiance plutôt détendue (il faut avouer que les gars de Vanuatu savent s’amuser en toutes circonstances), tout le monde travaillant à son rythme, la patronne s’attelant à la tâche elle aussi; le fait qu’au deuxième jour on me dise « n’essaie pas d’aller vite mais de faire les choses bien, chaque chose en son temps » m’a fait complètement changer d’avis sur le fruit picking.

Mais en fait, j’ai été chanceux. Après avoir parlé à quelques compagnons de backpacker, il est apparu que nombre d’entre eux étaient tombés sur des lieux assez similaires à « l’usine » qu’était la compagnie pour laquelle je travaillais à Cromwell. 12 heures de travail de nuit dans des conditions difficiles, ou 12 heures de picking avec des supervisors absolument exécrables sur le dos, te reprochant à chaque minute que tu ne vas pas assez vite et que tu ne fais pas assez attention à ce que tu coupes.

Je dirais que plus l’entreprise est petite, et plus elle a de chances d’être sympa : celle-là était composée d’une vingtaine de personnes, et avait vraiment une excellente atmosphère de travail. Mais si jamais une compagnie fait plus de 35 ou 40 personnes, alors il y a des chances pour passer de très, très mauvais moments.

Finalement, je ne regrette pas d’être repassé par la case fruit picking : en plus d’avoir remonté mes fonds, j’ai compris qu’il était possible d’exercer ce travail en Nouvelle-Zélande sans avoir l’impression de se faire exploiter. Même si j’ai eu de la chance et que ce genre de compagnie n’est pas ce qu’il y a de plus fréquent, ça permet quand même de relativiser. Et aussi de pouvoir travailler environ 13 heures dans une journée sans n’avoir pour seule pensée que « rentreeeeer, dormiiir… »…